Ceci est une nouvelle histoire.
Titre : Sale fille - Chapitre 1
Auteur : Sherilynn
Email : sherilynn[_at_]laposte.net
Personnages : 5 hommes, 1 adolescente
La plus jeune fille a 13 ans
Orgie
Première fois
Pénétration vaginale
Urine
Viol

Texte envoyé le 03/11/2015
Texte publié le 06/11/2015

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Sale fille

par Sherilynn

Chapitre 1

Jusqu'à ce jour d'août 2003, j'adorais la compagnie des garçons. J'allais avoir 13 ans, et mon premier rendez-vous amoureux à l'approche de mon anniversaire. Domenico, mais je l'appelais Dom, était apprenti coiffeur dans notre petit village rural de Calabre. Il devait bien avoir 16 ans, et présentait déjà une fière silhouette d'homme.

Les premiers jours, ce fut l'émoi. Nous avons flirté dans les ruelles ombragées de Rosarno, main dans la main. Puis, contre un mur de pierres, il a déposé un baiser sur le coin de mes lèvres, dans un cliché des plus romantiques. J'aimais Domenico, mais je n'aimais pas les garçons, jeunes adultes, qu'il fréquentait trop assidûment. Le clan Citrupi n'acceptait pas les filles, et encore moins les gamines de mon âge. Cela étant, il vint à leurs oreilles que Dom me fréquentait. Il s'absentait, les délaissait de plus en plus souvent, pour me consacrer du temps, à moi, et à ma famille, mes parents, ma jeune sœur...

C'est ainsi que les jours suivants mon treizième anniversaire, je trouvais Dom plus insistant, plus impatient, sur certaines choses que je me refusais encore à faire. Il me pressait souvent au sortir de l'église, où j'intégrais la chorale  :

« Anna, tu veux bien sortir ; j'ai quelque chose à te dire.

– Non, Domenico, je n'ai pas envie de parler.

– Anna, c'est important. Je n'en ai pas pour longtemps. On se retrouve sur les marches.

– Domenico, je dois chanter ce soir, je n'ai pas le temps. »

Je résiste comme je peux à ses insistances, de plus en plus répétées et malvenues. D'abord avec les yeux, ensuite avec mon corps, mes mots. Je ne l'aime pas quand il insiste, quand il me force à accepter. Il est caché derrière une colonne de la nef, à quelques mètres de moi et de toute la chorale. Il menace de venir me chercher derrière l'autel. Je me faufile hors du groupe, et me rends à l'arrière de l'église pour entendre ce qu'il a à me dire.

La messe commence.

« Sancta Maria, Mater dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae... »

Le chœur entame le chant et je me glisse dehors, le cœur battant.

« Mortis nostrae... »

Domenico est déjà assis sur les marches.

« Qu'est ce que tu me veux  ? » Je reste debout.

« À quoi tu joues  ? Tu veux faire la grande  ? »

Il attrape mon bras. Au risque de me faire mal, je me libère d'un geste brusque et m'éloigne de quelques pas.

« Allez Anna-Maria, viens t'asseoir près de moi. On est amoureux, non  ?

– Domenico, je... »

Il sourit. Il est gentil. Il ne dit rien de plus. Il se tient là, la main tendue. Il ne cherche plus à me toucher. Il reste à bonne distance et attend. Je ne pense plus à ses amis. Je m'assieds à coté de lui.

« Eh bien voilà, c'est beaucoup mieux. »

Je n'entends plus les voix de la chorale. La rue est déserte, tout le monde est à la messe. Nous sommes seuls, tous les deux.

« On va faire un tour  ?

– En voiture  ? »

Je n'en ai aucune envie.

On s'éloigne juste un peu pour être tranquille, comme de vrais amoureux.

« En voiture  ? »

Troublée, je répète ma question. Je ne sais pas quoi faire. Je suis indécise.

Domenico se lève et je l'imite. Il monte dans la voiture et, cette fois encore, je le suis. Il met le contact. Je déglutis péniblement. J'ai soif.

« ... Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus... »

L'auto emprunte la route qui mène vers Cirillo, en direction des champs. La mélodie s'échappe de ma tête, les paroles s'évanouissent dans l'obscurité de la soirée.

Est-ce qu'il va vouloir m'embrasser  ? Est-ce qu'il voudra aller plus loin  ? Qu'est-ce que je dois faire dans ce cas  ?... Pourquoi suis-je montée dans la voiture  ? Et si ma mère s'en apercevait  ? Ou mon père  ? J'avais tellement envie de chanter, ce soir. Qu'est que j'ai fait, bon sang  ? Anna, qu'est ce que tu es train de fabriquer  ?

Nous n'échangeons pas un mot. Je regarde fixement devant moi. Je me concentre sur la ligne blanche de la chaussée. Nous laissons les dernières lumière derrière nous. Nous traversons un pont. La ligne blanche s'interrompt.

La voiture s'engage sur un chemin de terre. Il conduit sans se soucier des nids-de-poule. Droit devant lui, rapide, décidé. Chaque secousse fait frémir ma colonne vertébrale, jusqu'à la nuque. Il ne se soucie pas plus de moi que de la voiture. Il me transporte comme un paquet qu'on livrerait sans plus de précaution. Je m'accroche à la poignée. A chaque sursaut, je me mords la langue. J'ai peur. Je n'aurais jamais dû le suivre.

Il ralentit et se range devant une petite maison de campagne. Il n'y a pas de lumière, rien. Je devine la silhouette de la maisonnette à travers les branches des mandariniers. Domenico coupe le contact, les phares s'éteignent.

Je le regarde.

Il sourit.

« Viens à l'intérieur, on va jouer un peu, ça va être sympa, tu verras. »

Je ne sais pas comment me tirer de là, ni à quoi me raccrocher.

Je lui emboîte le pas.

Les branches lourdes de mandarines se prosternent sur la terre. Nous sommes sorti de la voiture dans le noir. Les feuilles des arbres frôlent mon visage. Elles piquent, entaillent. Je protège mes yeux de mes mains, paumes offertes aux lames coupantes de la nuit. L'odeur est intense. La terre et les oranges. L'obscurité et l'acidité. La nuit noyée d'oranges envahit mon nez et s'infiltre jusque dans mon estomac.

Des voix me parviennent depuis la maisonnette, Je m'arrête. Droite comme un « I », immobile.

« Mais qu'est ce que tu fais, tu cales  ? Allez, avance. »

Domenico me secoue. Sa voix s'est durcie. Ce n'est plus celle des marches de l'église.

« Qui est là-bas  ? Où allons nous  ? »

Le feuillage se courbe encore un peu plus, avalant derrière nous le chemin du retour.

« Allez, viens, on y va. Tu vas t'amuser, fais-moi confiance. C'est un jeu, un super jeu. Tu vas être bonne pour ça tu vas voir.

– Non, Domenico. Ramène-moi à l'église, ramène-moi à l'église. »

De toutes mes forces, j'essaie de libérer mon bras de son étreinte, mais il me tient fermement, tirant tout mon corps vers lui.

Ma petite Marie, aide-moi. Ma petite Marie, je me suis trompé. Je n'aurais pas dû venir, aide-moi, aide-moi à retourner à l'église, auprès de toi. Aide-moi à rentrer à la maison.

Je lève les yeux au ciel et je prie, mais je ne vois rien. Chargés de fruits, les arbres cachent le ciel, ma dernière sortie de secours. Je suis condamnée à rester à terre. Je finis par terre. A genoux. Les paumes écorchées, les genoux enfoncés dans le sol.

Je m'agrippe à la terre mais cela ne suffit pas. Le sol ne me retient pas.

« Allez, lève-toi, on y va. » Domenico me hisse sur mes pieds.

Nous entrons.

Je veux sortir.

Ils sont là, à l'intérieur de la maison. Sa bande de misogynes vulgaires. Avant même d'entendre leurs voix, cependant, ce sont leurs mains que je sens. Toutes ensemble, sur mon corps.

Je crie.

Je crie.

Mon ventre s'ouvre et se referme. J'ai froid. J'ai envie de m'enfuir surtout.

Sainte-Marie, où es-tu  ? Aide-moi. Je me repasse ces mots en boucle. Je ne dois pas éveiller leurs soupçons. Je cherche discrètement une lumière, une fenêtre, une échappatoire. La porte se referme.

Je suis perdue.

« Espèces de bâtards, arrêtez, je vais le dire à mon père, je vais tous vous faire massacrer  ! Espèces de bâtards, attendez que je raconte ça à mon père  ! » Je crache les mots et ma salive avec.

Je lutte.

Je mords.

Je lutte.

Peu à peu, mes yeux s'habituent à l'obscurité. J'entrevois une table. Ils ne me parlent pas, eux. J'entends leurs murmures.

« T'es sûr qu'elle est pas trop jeune  ? On dirait une gamine.

– Mais non t'inquiète elle a tout c'qui faut  ! »

Leurs ricanements.

Les mains s'immobilisent. Une petite lumière s'allume. Les mots que je perçois forment comme des ombres autour de moi.

Ils me poussent jusqu'au centre de la pièce. Mon regard est rivé sur la porte. Je me retourne d'un coup quand ils essaient de m'arracher au sol. Je scrute l'espace, devant moi. Où vais-je  ? Où me portent-ils  ?

Ils me déposent sur cette table. Les jambes écartées. Ils serrent mes poignets, tiennent mes chevilles. Je me raidis. Je ne suis plus qu'un bloc, un monolithe. Je ne bouge plus un muscle. Mes yeux s'affolent grands ouverts.

Deux mains m'enlèvent ma petite jupe noire qui tombe par terre.

Je hurle.

« Allez salope, à poil  ! Montre-nous comme t'es foutue  ! »

Non  ! Je ne suis pas une salope. À tout juste 13 ans, on est pas une salope.

Deux mains m'enlèvent le petit pull vert qui s'envole vers le fond de la pièce.

Ils ont faim. Ils bavent. Leur festin est disposé mais encore trop vêtu.

Je hurle.

« Sa chatte  ! montre-nous sa putain d'chatte  ! »

Je ne suis pas une putain.

Doucement, je sens dix doigts féroces s'approcher de ma culotte, l'agripper, la retirer.

Je pleure. Je pleure. Je pleure.

C'est parti. Ma culotte glisse le long de mes cuisses. Elle atteint mes genoux. Mes chevilles. Un pied, puis l'autre.

Je hurle.

L'un d'eux, trop impatient, m'empoigne aussitôt la motte.

« Elle a quasiment pas d'chatte  ! T'es sûr que...

– La ferme  ! Ça va juste être encore meilleur. »

Je m'étouffe avec ma propre salive. Je tente de mordre mais mes dents se referment sur l'air, sur mes propres larmes. J'aperçois ma culotte au sol. Mon corsage de coton blanc la suit bientôt. Mon corsage orné de broderies roses. Je manque de m'étouffer dans mes sanglots. Je renifle. J'ai peur.

Ils jouent avec leur nouveau jouet. Se frottent à mes cuisses, à mes mollets. Pressent ma poitrine. Triturent mon sexe.

La jupe.

Le pull.

La culotte.

Le corsage.

Il ne reste plus que moi. Nue. Leur repas. Leur bien maigre repas. Chétive, je n'ai rien d'une femme. Aucune forme ; ni hanches, ni fesses, ni poitrine, ni charme, ni rien de rien. Un corps androgyne offert à une meute en furie. Et pourtant c'est bien de moi, Anna-Maria, qu'ils ont faim. C'est bien moi qu'ils vont dévorer ici sur cette table poussiéreuse, dans cette maisonnette miteuse.

Je perçois les mouvements de poignets sur ce qui semble être leurs sexes. Mes oreilles découvrent ce rythme frénétiques des hommes se masturbant au rythme des fantasmes pervers qui leur brûlent la cervelle.

Moi, ma chair, et ma peau dorée pour seuls effets. Moi, exposée sur quatre lattes de bois. Des échardes me rentrent dans les omoplates. Faute de me mouvoir, il ne me reste plus qu'à pleurer. L'un d'eux désire « manger » en silence et m'a bâillonnée après m'avoir giflée. Mes cris rebondissent dans ma cage thoracique, sans trouver une sortie. Mon regard cherche désespérément une issue.

La jupe. Noire. Le pull. Vert. La culotte. Blanche. Mes yeux cherchent, scrutent, fuient. C'est la seule partie de mon corps que j'arrive encore à bouger. Mais il est trop tard.

Deux mains m'empoignent sous les cuisses, les redressent, les plaquent sur ma poitrine. Je suis comprimée. J'étouffe.

Le stress et l'angoisse extrême de ce qui va m'arriver provoquent soudain une envie irrépressible d'uriner. Face à celui qui maintient mes genoux écartés, je laisse jaillir un jet continu de quelques secondes qui éclabousse la terre battue et souille les chaussures de mon futur bourreau.

« La garce, elle te pisse dessus Paolo  !

– C'est parce qu'elle vient de réaliser ce qui l'attend. C'est rien ça va faciliter les choses. Laisse-la finir  ! »

Ma vessie enfin tarie, il s'avance au plus près. Il m'écarte les genoux à m'en faire mal. Il se baisse. Je ne vois plus que ses cheveux. Je suis terrorisée. Je n'ai jamais vu cet homme auparavant.

Je sens quelque chose de chaud sur mon sexe. Des doigts. Un pouce. Il frotte le haut de mon sexe avec son pouce. Il appuie, frictionne. Il écarte, fouille mon intimité. J'ai mal.

« Elle à l'air serré. Matez-moi ce pucelage les gars  ! Une première main prête pour le mariage  ! »

J'ai mal.

Il écartèle mon sexe avec ses pouces.

« On va t'ouvrir tout ça, d'accord  ? Ça ne va plus te servir.

– Ouais vas-y, ouvre-la nous Paolo  ! Prépare-la nous  ! »

Je ne suis pas d'accord, mais quoi qu'ils me fassent, je leur suis soumise par la force.

Il plante un doigt dans mon ventre, puis deux, d'un coup, brutalement. Je mords mon bâillon, je me tords. On me plaque à plat dos. On me déchire, pénètre mon ventre.

« Garce  ! Maintenez-la bien  ! »

C'est une douleur si atroce. Je suis écartelée. Mon Dieu ils me démembrent.

« Ta nouvelle vie commence. Petite pute  ! » Rage-t-il, les dents serrées.

Ses griffes me charcutent au plus profond.

« Catin  ! »

Il les tourne dans un sens, puis dans l'autre. Les sort et les fait entrer encore. Une main plaque mon ventre. Je souffre. Comme je souffre. ça me brûle.

« L'abîme pas trop  ! »

Un répit.

Et des doigts, toujours plus de doigts. Plus loin, plus violents, plus vite.

Je ne suis qu'une gamine, mais mon innocence semble exciter leurs plus bas instincts. Ils râpent et brutalisent ma poitrine comme on empoigne un sac de sable.

« Paolo  ! Elle a presque pas d'nichons  !

– On f'ra avec, et vous allez voir c'est encore meilleur  ! » lance un autre.

Mon bourreau retire ses doigts, les essuie sur ma cuisse, et se met debout face à moi en me souriant sadiquement, son sexe à la main.

« Maintenant je vais t'apprendre ton futur métier. On va passer aux choses sérieuses  ! »

On me griffe, me gifle, m'écarte les genoux.

La bête se couche sur moi, cherche une prise, une faille. Se redresse. Souffle. Cherche et cherche encore. La bête bute sur mes cuisses. Glisse sous mes fesses. Je hurle. Au terme de ses efforts, sa tête se loge dans l'échancrure de mon sexe et elle me transperce enfin d'un coup de reins puissant.

« AARGHH  ! »

Je meurs.

« AÏÏÏEEE  ! »

La bête est en moi.

Je sens des brûlures dans mon ventre. C'est une douleur si atroce. Je ferme les yeux en serrant fort les paupières. Je ne vois plus rien. C'est chaud, moelleux. Je sens une chose faire irruption dans mon ventre. Elle m'envahit et j'explose. Elle me déchire, m'emplit, me frappe de l'intérieur. Pousse, pousse. Me dévaste.

Je hurle.

Une main s'empresse de me rajuster le bâillon.

« Ta gueule  ! »

Je ne respire plus. C'est dur. C'est chaud dans mon ventre glacial.

Ça fait mal, mon Dieu, tellement mal.

« T'es réglée  ? »

Une voix au milieu de ces râles de bêtes  ?

« ...

– Réponds  ! T'as déjà eu tes règles  ? »

Il me parle, me questionne. Je rouvre les yeux, aperçois sa vague silhouette. Je réfléchis. Que veut-il savoir  ?

« Nn... non  ! »

Ma réponse hasardeuse semble l'avoir satisfait, et, avec encore plus de violence s'il en était possible, il accélère ses coups de boutoirs.

« Nooooon... »

La bête se plante une dernière fois et éructe.

« AAAAAAAARGHHH  !... »

Pilonne à nouveau au plus profond de mon ventre avant de cesser tout mouvement.

Je sens un liquide m'inonder...

« Putain, SALOOOPE  ! »

Je ne suis pas une salope.

J'ouvre les yeux. Il a l'air calmé, assouvi.

Un instant je redresse la tête, juste pour moi le temps d'apercevoir entre mes yeux emplis de larmes qu'en plus des trois qui sont sur moi, trois autres se masturbent, alignés, pantalon au chevilles. Ils sont six. Six hommes respectables et au dessus de tout soupçons. Six hommes qui attendent leur tour pour violer une adolescente.

C'était Paolo Citrupi le premier. Je l'ai appris par la suite et, le reconnaîtrais immédiatement. C'est un ami de mon Domenico et de Giuseppe Iannello. D'ailleurs, Giuseppe Iannello est là aussi, ainsi que son frère Michele et deux inconnus. La tête me tourne, retombe en arrière et j'ai envie de vomir.

Tout d'un coup l'emprise de toutes ces mains sur moi se relâche. Elles libèrent mes poignets. J'essaie de me lever mais je n'en ai plus l'énergie. Je reste assise sur la table, le bassin en souffrance. Je fixe mon regard sur ma jupe. Je ne vois que du noir.

Je m'évanouis. Ils me giflent et je reprends ma respiration, je vomis de la bile.

«  Si tu t'avises de dire quoi que ce soit à ton père, nous te massacrons, toi et ta famille. »

Enfin, Citrupi se dégage de moi. Retire son pieu de mon ventre. Il parle fort. Ils parlent tous en même temps mais je ne comprends rien. Je n'arrive pas à dissocier leurs mots de ma peur.

« Allez suivant  ! Videz-vous les couilles et faites vite, faut qu'on la ramène avant dix heure  ! »

C'est au tour de Domenico de s'avancer entre mes cuisses. J'ai cessé de regarder autour de moi. Je ne cherche plus à m'enfuir. Je le regarde, lui. Droit dans les yeux. Mon regard lui dit non. Je l'implore. Je n'ai plus de voix, je n'arrive plus à mordre, à pleurer. Mais peut-être que mes yeux...

C'est son tour. Il s'exécute. Je me tais. Je suis affolée parce que je ne parviens plus à bouger un seul muscle. Aidé par la jouissance de son prédécesseur, il me poignarde à son tour. C'est la première fois qu'il me touche; c'est même la première fois qu'il me voit nue. Je suis comme morte. Domenico ne prend même pas la peine de retirer son pantalon. Il se contente de le baisser. L'étoffe sombre s'affaisse autour de ses chevilles maigres et dans mon urine. Les paumes appuyées sur la table, il va-et-vient d'avant en arrière. Il m'éventre.

« C'est vrai que t'es super serrée chérie. J'ai tellement attendu cet instant  ! » Il cherche à m'embrasser.

Tout d'un coup, la terreur prend le pas sur la douleur. Mes forces abandonnent mes mains. Je sens qu'elles quittent le bout de mes mains, qui refroidissent aussitôt.

Je veux partir. Je vous en prie. Laissez-moi partir.

Domenico se redresse sur ses avant-bras, tend son squelette, se crispe, et m'inonde à son tour en fixant droit devant lui. Sa besogne assouvie, il se dégage de sa prise.

Ce n'est pas fini pourtant, pas encore. C'est le tour de Giuseppe Iannello. Est-ce le troisième  ? Il s'approche de la table. Ensuite ce sera Michele, le frère, le quatrième.

Je fais le décompte. Les deux derniers sont plus brutaux encore, aidés qu'ils sont par les productions successives. Ils tapent et tapent encore. Ils en voudraient plus.

« Putain comme elle est booooonne  ! » S'affale le dernier en me souillant à son tour.

« AAARGHHH  ! » Et il se retire d'un mouvement machinal. Leurs retraits me déchirent tout autant que leurs viols.

Mais ce n'est toujours pas fini. Citrupi est de nouveau sur moi.

« J'y retourne, il m'en reste  ! Elle est trop bandante ta salope, Dom. »

En moi.

« Elle est bien graissée, ça glisse tout seul maintenant  ! » rigole t-il.

Les semences mousseuses des précédents refoulent.

Il s'éternise. Je ne résiste plus. La douleur n'est plus localisable. Je suis devenue douleur. Je ne crie plus. Je n'en ai plus la force. Tout est flou autour de moi. Je n'arrive plus à bouger. Mes mains sont glacées. Il me fixe et se crispe.

« AAARGHH  !... C'est... C'est bon  ! Elle est... Elle est pleine  ! dit-il en me claquant la cuisse.

– Ça lui déborde de partout.

– C'est pas grave ça, hein  ? T'en verras d'autre. La mère Scarfò nous a fait une bonne putain. On prendra bien soin de toi Anna. » Il me caresse la joue, essuie mes larmes.

« C'est bon, on y va. Allez, rhabillez-la  ! Remets ta culotte et rhabille-toi. On te ramène à tes parents. » me presse Citrupi.

Mes jambes engourdies sont flageolantes. Je descends de la table mais elles se dérobent. Je tombe par terre et mon menton vient heurter le sol, écrasant ma langue. Agenouillée au sol je ramasse le noir, le vert, le blanc. Je me rhabille.

« Anna, grouille-toi, on s'en va. Il est tard. Remets cette putain de jupe, grouille  ! »

Du sang et leur sperme immonde me coulent le long des cuisses jusqu'aux mollets. Ma culotte en épongera un maximum et en sera intégralement imbibée pendant tout le trajet retour.

Qu'est ce que c'est  ? Est-ce à moi, à eux  ?

Il y a du sang sur mes jambes.

Noir. Vert. Blanc. Maintenant, il y a aussi du rouge.

Je regarde fixement le filet de sang qui se fraie un chemin sur ma cuisse. Dans l'ouverture de la porte je distingue mieux la miction qui poisse mon sexe et colle ma motte.

On me tire par le poignet. L'élastique de ma jupe claque sur mon ventre. Mes chaussures sont encore dénouées. Je suis dehors.

Ils sont déjà tous sortis.

« On se reverra très bientôt Scarfò. »

Les mandarines n'ont pas bougées, le ciel non plus. Je monte dans la voiture de Domenico. Il me ramène derrière l'église et je retourne immédiatement à la maison. J'ouvre la porte sans faire de bruit, et je reste quelques secondes sur le seuil. Je ne suis ni à l'intérieur, ni à l'extérieur. Finalement, j'entre sans allumer la lumière. Tout le monde dort. Ma culotte et ma jupe sont souillées, mes cuisses collées. Dans la salle de bains, je me lave. Je frotte bien pour enlever l'odeur d'orange et de moisissure qui m'imprègne. Je lave, savonne, rince et relave encore ce trou laissé béant dans mon ventre. Je ne perds plus de sang. J'ai cru qu'ils m'avaient blessée, mais c'est fini. Cette traînée que j'ai aperçue dans la petite maison a séché sur ma jambe. Je la nettoie. J'enfile mon pyjama et je me glisse dans mon lit.

La tête sur l'oreiller, j'essaie de fredonner. Je ne me souviens plus du refrain. J'ai oublié les paroles du « Je vous salue, Marie ». Volatilisées. Je demeure silencieuse. Cette nuit va bientôt se terminer. Je brûle de l'intérieur. Pourtant, je n'arrive pas à réchauffer mes mains glaciales.

C'était ma première fois.

J'ai cru mourir.

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